L’aliment interdit à consommer sans modération

Source : http://fr.sott.net/article/17383-L-aliment-interdit-a-consommer-sans-moderation

J.M. Dupuis
Santé Nature Innovation
ven., 18 oct. 2013 09:34 CDT

© Inconnu
Les autorités de santé vous répètent sur tous les tons que les graisses sont mauvaises pour la santé, et en particulier les graisses saturées. Tout le monde ou presque le croit, bien que peu de personnes sachent ce que veut dire au juste graisses « saturées ». Mais est-ce important ? Pas besoin d’avoir fait dix ans de médecine pour imaginer que quelque chose de « saturé », c’est forcément mauvais pour la santé, n’est-ce pas ?

« J’sature ! »

En réalité, un acide gras « saturé » est simplement un acide gras dont tous les atomes carbones sont liés au nombre maximal d’atomes d’hydrogène. Chaque liaison carbone est occupée, et on ne peut plus ajouter d’autres atomes.

La conséquence est que la molécule est plus stable, et moins susceptible de s’oxyder. C’est une très bonne chose car les graisses oxydées sont plutôt mauvaises pour la santé. Selon plusieurs études, le cholestérol oxydé est un marqueur de l’athérosclérose, le vieillissement et le rétrécissement des artères, facteur d’accident cardiaque. (1)

Mais ce n’est pas tout.

L’alimentation traditionnelle de l’être humain, avant l’introduction massive des céréales, était extrêmement riche en acides gras saturés. Nos ancêtres, avant l’invention de l’agriculture, mangeaient en effet beaucoup de graisse d’animaux, d’entrailles, de crustacés riches en graisses.

Les quelques tribus à travers le monde qui ont conservé un mode de vie traditionnel mangent, elles aussi, très gras. Vous avez les Inuits (Esquimaux) de l’Arctique qui, jusqu’à récemment, mangeaient essentiellement de la graisse de phoque, de morse, de baleine, des poissons gras, qui contiennent une forte proportion de graisses saturées.

Les Maasaïs, une ethnie semi-nomade qui vit de l’élevage et de la chasse, au Kenya, se nourrit surtout d’un mélange de lait et de sang, prélevé sur les jeunes bovins sans les tuer, auquel ils ajoutent plantes, racines, écorces, et de nombreux végétaux. Là aussi, ce régime est très riche en graisses saturées.

Même chose pour les Tokelauiens, situés dans un archipel du Pacifique dépendant de la Nouvelle-Zélande, qui se nourrissent de noix de coco et de poisson.

Or, les uns comme les autres ont de très faibles taux de décès par maladie cardiovasculaire.

Ce fait est corroboré par la très riche teneur en graisses du lait maternel humain, formé à 54 % d’acides gras saturés. Le lait maternel étant l’aliment le plus parfait pour les bébés en croissance, la présence de fortes quantités de graisses saturées n’est certainement pas une « erreur de la nature ».

En 2010, une très importante étude, portant sur plus de 347 000 personnes, n’a constaté aucun lien entre la consommation de graisses saturées et le risque d’infarctus, d’attaque cérébrale (AVC) ou d’autres maladies cardiovasculaires. (1)

Une autre étude publiée en 2010 dans la revue médicale American Journal of Clinical Nutrition, a montré que les personnes qui souhaitent diminuer leur risque cardiovasculaire ne doivent pas diminuer leur consommation de graisses mais plutôt réduire celle de glucides, dont les féculents et l’amidon (et donc le pain, les pâtes, les céréales, y compris complètes). (2) Les personnes qui diminuent leur consommation de graisses saturées, et les remplacent par des glucides raffinés (pain blanc, pâtes, pomme de terre) augmentent leur résistance à l’insuline, leurs problèmes d’obésité, leur dyslipidémie (niveau anormal de lipides dans le sang), leur niveau de triglycéride et de cholestérol.

En fait, la nouvelle mode qui sévit depuis les années 60, et qui consiste à manger plus de glucides (surtout des céréales) et moins de graisses, est responsable d’une telle hausse de l’obésité, du diabète et des maladies cardiaques qu’il est devenu presque impossible pour nos contemporains de se souvenir que, il y a seulement un siècle, moins d’une personne sur cent était obèse (y compris aux Etats-Unis !) et les maladies coronariennes étaient pratiquement inconnues.

Plus difficile à croire encore, il n’y avait en 1950 que 100 cardiologues exerçant en France ! Ils étaient 2 200 en 1981 et sont près de 6 000 aujourd’hui ! (3)

Une telle explosion indique que quelque chose a changé, qui explique l’épidémie.

Et quel est ce quelque chose ?

Notre alimentation !

Car s’il est vrai que nous consommons beaucoup de viande rouge et de graisses saturées, notre régime alimentaire est aussi dangereusement riche en sucres et glucides raffinés.

Les aliments les plus consommés sont les plus mauvais

Les aliments qui arrivent en tête de la consommation dans les pays industrialisés sont le pain, les céréales, les sandwichs, les pâtes, les pizzas, les biscuits, les gâteaux, les desserts en tout genre, les chips, frites et biscuits d’apéritifs à base de pomme de terre, qui sont des glucides. La plupart des publicités pour des produits alimentaires les concernent, car tous ces produits sont fait à partir des matières premières les plus bas de gamme, et les moins chères.

Par contre, si vous y ajoutez beaucoup de sucre ou de sel, arômes et colorants, et que vous les présentez dans de beaux emballages multicolores, vous pouvez les revendre avec une marge importante. Cela permet de financer les investissements en marketing, tout en assurant la rentabilité du fabricant.

Il est beaucoup plus difficile de faire de telles opérations sur des produits qui sont déjà très chers à la base, comme les huiles de bonne qualité, les bons légumes, la viande, le poisson, les noix ou les fruits rouges, qui sont bons pour la santé. C’est pourquoi les publicités pour ces produits là sont rares, pour ne pas dire inexistantes.

Les bonnes graisses à manger

Beaucoup de personnes s’emmêlent les pinceaux entre les graisses polyinsaturées, mono-insaturées, les acides gras trans, les oméga-3, 6 et 9.

Les bonnes sources de graisse sont :

  • l’huile d’olive (et bien sûr les olives entières, la tapenade…) ;
  • les noix et amandes crues, ainsi que l’huile de noix et l’huile d’amande, mais aussi les noix de pécan, les noix de macadamia, les noix du Brésil, et dans une moindre mesure les noisettes. Faites toutefois très attention en les achetant. Il devient de plus en plus difficile d’acheter des noix crues de bonne qualité. Elles sont très souvent rances, ce dont vous vous apercevez facilement car le goût est piquant. Cela veut malheureusement dire que les acides gras polyinsaturés qu’elles contiennent sont oxydés, et sont donc devenus mauvais pour la santé ;
  • les graisses animales d’animaux élevés en plein air et nourris d’aliments biologiques ;
  • les œufs bios et surtout les œufs de poules nourries de graines de lin (riches en oméga-3) ;
  • les avocats ;
  • le beurre de vaches nourries à l’herbe (et non aux céréales et au tourteau, comme la plupart des vaches européennes) ;
  • l’huile de noix de coco et l’huile de palmiste, qui sont les meilleures huiles à utiliser pour les fritures car elles ne se dénaturent pas à haute température (attention toutefois à ne jamais les faire fumer) ;
  • les poissons gras (sardines, maquereaux, anchois, harengs) et l’huile de poisson, dont bien sûr la célèbre huile de foie de morue, malheureusement tombée en désuétude et victime d’une terrible réputation, alors que, très franchement, son goût n’est pas du tout si mauvais qu’on le raconte aux enfants.

Quel est votre ration oméga-3/oméga-6 ?

Il est aussi capital de surveiller que vous avez un bon équilibre entre vos apports d’oméga-3 et d’oméga-6. Traditionnellement, ce rapport était de 4, 3 ou 2 pour 1, mais il est aujourd’hui beaucoup plus souvent de 20 pour 1, voire de 30 pour 1. Les oméga-6 sont en effet présents dans les huiles bon marché (huile de tournesol et de maïs) que l’on retrouve un peu partout, notamment dans la nourriture industrielle, alors que les oméga-3 se trouvent dans l’huile de noix, de lin et de colza, et les huiles de poisson, moins répandues et plus chères.

Malheureusement, manger trop d’oméga-6 et trop peu d’oméga-3 entraîne un état chronique inflammatoire dans votre corps, ce qui augmente votre risque de maladie cardiovasculaire et de cancer.

Faites ce que vous pouvez pour réduire votre consommation d’oméga-6 et augmenter votre consommation d’oméga-3. A noter que l’huile d’olive ne contient ni l’un ni l’autre, mais c’est une huile qui est globalement bonne pour la santé, à partir du moment où elle est extra-vierge et issue de première pression à froid, et consommée crue ou faiblement chauffée (pas de friture à l’huile d’olive ; utilisez pour cela de l’huile de coco, de l’huile de palmiste ou de la graisse de bœuf).

La graisse à éviter à tout prix

Les acides gras trans, eux, sont à éviter à tout prix. Ce sont des acides gras généralement issus du traitement industriel des huiles, qui sont hydrogénées pour les rendre solides, et fabriquer des margarines, ou donner du moelleux et de la tenue aux plats préparés, biscuits, gâteaux.

Les graisses ainsi fabriquées se conservent plus longtemps dans les entrepôts et les rayons des magasins, mais ils produisent de graves dysfonctionnements à l’échelle cellulaire.

Votre corps a BESOIN de graisse pour fonctionner de façon optimale

Malgré tout ce que je vous ai dit ici, je sais bien que, comme tout le monde, vous continuerez à vous méfier des plats « trop gras ». Ne vous impatientez pas. Il faut bien voir que, depuis notre plus jeune âge, nous avons été littéralement conditionnés pour croire que les graisses sont mauvaises pour la santé, et que ce sont les céréales, si possibles complètes et si possible avec le moins d’accompagnement, qui sont bonnes pour la santé.

Il n’est pas facile de se convaincre que c’est en fait exactement le contraire. Que dans une tartine de pain beurré, ce qui est mauvais, c’est le pain, et ce qui est bon, c’est le beurre. Et que dans une frite, ce qui est mauvais, c’est la pomme de terre, et ce qui est bon, c’est la graisse ! Bon, j’admets que j’exagère sur ce dernier point, car la frite pose le problème d’être cuite à trop haute température (220 à 240 °C), ce qui rend la graisse toxique et produit un phénomène de « glycation » très néfaste pour la santé.

Mais vous voyez tout de même le message que j’essaye de faire passer. Les graisses saturées sont indispensables pour la santé, et aident votre corps à mieux fonctionner. Elles assurent un grand nombre de fonctions importantes, dans le cœur, les poumons, le foie, les os, le système immunitaire. Elles entrent dans la composition de vos hormones, des membranes de vos cellules, et régulent le sentiment de satiété.

Un des énormes désavantages des régimes pauvres en graisse, en effet, est de provoquer un sentiment irrésistible de faim, qui provoque mauvaise humeur, énervement, voire déprime et perte du goût de vivre.

Ces tortures ne sont ni nécessaires, ni bonnes pour la santé. Et ça, il me semble que c’est tout de même une très très bonne nouvelle.

A votre santé !

Notes

(1) Am J Clin Nutr. 2010 Mar;91(3):535-46. doi: 10.3945/ajcn.2009.27725. Epub 2010 Jan 13.

(2) Am J Clin Nutr March 2010 vol. 91 no. 3 502-509

(3) Ministère de la Santé et de la Protection sociale – éléments bibliographiques relatifs à l’évaluation des besoins de santé pour l’élaboration des SROS 3 (44)

(4) Étude d’impact présentée mardi 19 mars à la réunion annuelle de l’American Heart Association à Dallas (Texas), et conduite par une équipe dirigée par Gitanjali M. Singh, de l’Ecole de santé publique de Harvard.

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Ce que vous devez savoir sur l’arthrose

source : Newsletter du site Santé Nature Innovation

L’arthrose est une maladie très répandue qui envoie chaque année 4 millions de patients chez leur médecin en France.

 Pour l’industrie pharmaceutique, c’est une vache à lait qui a été exploitée, et même surexploitée jusqu’à ce qu’éclate le scandale du Vioxx, un médicament anti-inflammatoire utilisé contre les douleurs de l’arthrose, et retiré du marché en 2004 à cause de son danger pour le cœur.

 Lorsque vous souffrez d’arthrose, une ou plusieurs des articulations de votre corps sont douloureuses, gonflées, enflammées. Chaque geste vous fait souffrir, et adieu les jeux de ballon, la danse, le ski, le tennis. Quant à l’athlétisme, le judo et le karaté, ou encore l’haltérophilie, ce n’est bien sûr même pas la peine d’y penser !

 Certains patients ne peuvent plus monter ni descendre un escalier. D’autres sont totalement immobilisés. Bref, il y a urgence, et c’est pourquoi les patients se sont longtemps tournés massivement vers les médicaments anti-inflammatoires, la cortisone et les analgésiques chimiques (anti-douleurs).

 Ces médicaments fonctionnent, dans un premier temps. Miracle, vous pouvez à nouveau ouvrir un pot de confiture, casser des noix, jardiner ! Vous redécouvrez les petits plaisirs de la vie pendant plusieurs mois, peut-être même quelques années.

 Des effets secondaires inquiétants

 Mais c’est alors que survient une crise d’arthrose plus violente et durable qu’à l’ordinaire. Confiant, vous avalez pilule sur pilule, pendant une semaine, dix jours, quinze jours… et vous vous apercevez que, non seulement l’effet n’est plus si efficace, mais que votre digestion se dérègle. Diarrhées, constipations, douleurs à l’estomac, puis saignements, vous vous inquiétez. Vous commencez à vous demander s’il faut continuer les médicaments ou si vous ne préfériez pas, après tout, vos douleurs d’arthrose.

 Malheureusement, vous avez raison de vous poser la question. L’arthrose est causée par une inflammation du cartilage, ces coussins qui protègent le bout de vos os, et qui leur permettent de se frotter l’un contre l’autre en souplesse. En cas d’arthrose, des agents inflammatoires dans vos articulations détruisent le cartilage, qui se fissure, se craquelle, et peut disparaître complètement, laissant vos os à nus. Lorsque vous bougez, les bouts de vos os frottent directement l’un contre l’autre, ce qui fait mal et aggrave encore l’inflammation, et donc le gonflement de vos articulations.

 Les médicaments bloquent la douleur, c’est tout

 Les médicaments actuels, y compris les plus récents ne font que bloquer la douleur. Ils n’ont aucun effet sur le cartilage, qui continue à se dégrader.

 C’est pourquoi ils sont efficaces à court terme. A long terme, leur efficacité baisse, jusqu’à devenir inexistante lorsque tout votre cartilage a disparu. Et il ne vous reste plus que les effets secondaires, qui peuvent être graves.

 Mais la bonne nouvelle et que les recherches scientifiques récentes montrent que la médecine naturelle a des solutions très intéressantes à vous proposer contre l’arthrose.

 En fait, l’arthrose fait peut-être même partie des maladies conte lesquelles il existe le plus d’espoir. De nombreux patients sont parvenus à se débarrasser totalement de leurs douleurs, grâce à des solutions naturelles.

 Aujourd’hui, nous allons explorer plusieurs traitements possibles, qui soulageront la plupart des patients. Si aucune ne marche pour vous, pas d’angoisse. Nous reviendrons très régulièrement dans Santé Nature Innovation sur le sujet de l’arthrose pour présenter tous les aspects de cette maladie, ce qui sera l’occasion de proposer de nombreuses autres approches thérapeutiques efficaces.

  Contre la douleur : l’harpagophytum

 Les adeptes de la médecine naturelle voudront bien m’excuser de commencer par cette « tarte à la crème ». L’harpagophytum se vend aujourd’hui à tous les coins de rue. Les seuls points de vente qui n’en proposent pas encore sont les distibuteurs automatiques de snacks dans les gares (mais pour combien de temps ?). En fait le succès est tel que la culture d’harapagophytum serait en train de provoquer un désastre écologique (de plus) en Afrique.

 Cette plante est en effet récoltée dans les déserts sableux d’Afrique du Sud et de Namibie. Les racines sont utilisées pour fabriquer des gélules qui renferment les principaux principes actifs : harpagoside, harpagide, procumboside, procumbide, des substances anti-inflammatoires et analgésiques.

 Pour les personnes souffrant de rhumatismes, des cures de cette plante apportent en général un soulagement rapide et spectaculaire qui peut aider à réduire les doses des médicaments. Beaucoup disent ne plus pouvoir s’en passer.

 Une étude publiée en 2003 montre une forte réduction de la douleur et des symptômes de l’arthrose chez 75 patients traités avec de l’harpagophytum. La douleur régresse de 25 à 45 % alors que la mobilité augmente d’autant.(1)

 L’harpagophytum serait aussi efficace que des médicaments pour calmer les inflammations et les douleurs de l’arthrose si l’on en croit l’ensemble des études conduites sur le sujet.

 Une étude française très récente a été conduite sur 122 personnes souffrant d’arthrose de la hanche et du genou. Pendant 4 mois, une partie des volontaires a pris 435 mg d’harpagophytum par jour pendant que l’autre prenait un médicament anti-inflammatoire appelé diacerhéine. Les douleurs ont diminué de la même manière dans les deux groupes. Les patients du groupe harpagophytum utilisaient moins de médicaments anti-douleur à la fin de l’étude. Ils souffraient également moins de diarrhées que ceux qui suivaient le traitement anti-inflammatoire chimique (26 %). (2)

 Une autre étude de 2003 a comparé chez 44 personnes l’efficacité de l’harpagophytum à celle d’un anti-inflammatoire de dernière génération, le rofecoxib. Les patients pouvaient continuer à suivre en parallèle leur traitement habituel ou l’interrompre s’ils allaient mieux. Six semaines après le début de l’étude, 10 patients avaient pu, grâce à l’harpagophytum, suspendre pendant plus de 5 jours leur traitement habituel. Ils n’étaient que 5 parmi ceux soignés avec le rofecoxib. Pour les autres, la réduction de la douleur était similaire dans les deux groupes, mais le nombre d’effets indésirables deux fois plus élevé chez les personnes qui prenaient le rofecoxib.(3)

 Voilà pour la douleur…

 Le gingembre, un anti-inflammatoire méconnu

 Mais supprimer la douleur ne suffit pas, comme nous l’avons vu. Encore faut-il réduire aussi l’inflammation, car l’inflammation est produite par des agents, les interleukines, qui détruisent votre cartilage.

 La médecine ayurvédique décrit le gingembre (Zingiber officinale) comme la plante de référence pour combattre les inflammations de toutes natures. Des recherches très récentes ont confirmé le caractère anti-inflammatoire des composés du gingembre. En fait, certains chercheurs estiment que le gingembre pourrait faire jeu égal avec des médicaments de dernière génération.(4)

 C’est en s’appuyant sur son usage ancestral que des chercheurs ont eu l’idée en 1992 de tester de la poudre de gingembre dans l’arthrose. Après 3 mois d’utilisation, les trois-quarts des patients ont vu leur état s’améliorer. Certains ont poursuivi le traitement à base de gingembre pendant plus de deux ans et demi sans aucun effet indésirable notable.(5)

 Une étude clinique intéressante a été récemment publiée dans le journal médical de référence Arthritis and Rheumatism. Les scientifiques ont donné pendant 6 semaines à des personnes souffrant d’arthrose du genou, soit du gingembre soit un placebo. Les participants pouvaient prendre un médicament chimique si les douleurs étaient trop fortes. L’étude a été conduite sans que ni les médecins qui dirigeant l’étude, ni les patients, ne sachent qui prenait le gingembre et qui prenait la pilule dénuée d’effet (placebo). En science, ces études sont dites « contrôlées, en double aveugle » et ce sont celles dont les résultats sont les plus fiables.

 Les chercheurs ont constaté à l’issue de l’étude que les personnes ayant pris le gingembre, mais pas celles qui avaient pris le placebo, se déplaçaient avec plus de facilité, que leur douleur était moins forte et leur articulation moins raide, signe que leur arthrose était grandement améliorée par le gingembre.(6)

 Toutefois, nous n’en sommes qu’au début des études sur le gingembre dans l’arthrose, et il faut attendre la confirmation de ces résultats avant d’être certain de son efficacité.

 Ralentir la maladie avec les acides gras oméga-3

 La troisième arme stratégique dans votre combat contre l’arthrose est une substance qui permet de ralentir la maladie, et il s’agit des oméga-3.

 Les oméga-3, autre « tarte à la crème » de la médecine naturelle, tant leur efficacité est désormais incontestable et reconnue même par la médecine conventionnelle, sont une famille d’acides gras (constituants des graisses) que l’on trouve dans les légumes à feuilles vertes, les noix, les poissons gras (anchois, hareng, maquereau, sardine, saumon), les graines de lin, les huiles de colza, de noix et de lin.

 Une fois absorbés, ces acides gras donnent naissance à des substances qui ont des propriétés anti-inflammatoires puissantes.

 Depuis 1998, le Dr Bruce Caterson de l’université de Cardiff (Pays de Galles) et son équipe se passionnent pour les bénéfices potentiels des suppléments d’oméga-3 sur l’arthrose. Après plusieurs expériences menées en laboratoire sur des tissus de cartilage arthrosique qui se sont avérées prometteuses, ces chercheurs viennent de publier les résultats de leur première étude chez l’homme.

 Et ils sont extrêmement prometteurs. 31 personnes souffrant d’arthrose et en attente d’une opération chirurgicale pour la pose d’une prothèse totale du genou ont participé à cette étude. La moitié des participants a pris 2 fois par jour pendant 10 à 12 semaines avant l’opération, 2 capsules contenant 1 g d’huile de foie de morue enrichie en acides gras oméga-3. L’autre moitié a pris un placebo. Après l’opération, les cartilages récupérés ont été analysés.

 Résultat : dans 86 % des cas du groupe oméga-3, plus aucune trace (ou très peu) des enzymes qui détruisent le cartilage contre 26 % dans le groupe placebo. D’après le professeur Bruce Caterson qui a mené l’étude, « concrètement cela signifie qu’une supplémentation en acides gras oméga-3 peut ralentir voire stopper l’usure du cartilage et réduire l’inflammation ainsi que la douleur qui accompagne l’arthrose. »

 Là encore, on ne dispose encore que d’un petit nombre de travaux, mais ils sont prometteurs.

 Pour réparer le cartilage : glucosamine et chondroïtine

 Enfin, nous avons gardé le plus beau pour la fin, deux substances naturelles pourraient même contribuer à inverser le processus d’arthrose, autrement dit réparer votre cartilage et faire rajeunir vos articulations de plusieurs années.

 Dans votre cartilage, vous avez des « molécules-éponge », qui attirent et conservent l’eau, et assurent ainsi la souplesse et l’élasticité de vos tissus articulaires. Ces molécules s’appellent les protéoglycanes (inutile de retenir le nom). Sans elles, le cartilage est incapable d’absorber les chocs, il craque, se fissure et peut s’user complètement.

 Pour que les cellules de nos articulations puissent fabriquer des protéoglycanes, elles ont besoin de deux substances : la glucosamine et la chondroïtine. Normalement, les chondrocytes les synthétisent à partir du glucose des aliments au terme de plusieurs réactions biochimiques. Mais dans l’arthrose, les chondrocytes, même bien alimentés en glucose ne parviennent plus à accomplir correctement leur tâche.

 Les chercheurs ont découvert qu’on obtenait de bien meilleurs résultats en apportant directement aux chondrocytes la glucosamine et la chondroïtine préformées, sous la forme de suppléments par voie orale. Ces substances peuvent dans certains cas stimuler la production de protéoglycanes et à normaliser le métabolisme du cartilage. Non seulement ce dernier ne dégénère plus, mais du cartilage neuf peut alors être reconstruit.

 Depuis plus de 20 ans, la majorité des études a conclu à l’efficacité des suppléments de glucosamine pour soulager les douleurs en cas d’arthrose mineure ou modérée. Cette amélioration apparaît dans un délai de 2 à 8 semaines et persiste plusieurs semaines après l’arrêt de traitement. Ceci est dû aux effets anti-inflammatoires de la glucosamine. (7)

 Par ailleurs, et c’est là tout son intérêt par rapport aux traitements anti-inflammatoires, la glucosamine pourrait dans certains cas stabiliser le processus de destruction du cartilage. Deux études cliniques menées sur des personnes souffrant d’arthrose du genou ont montré que la prise quotidienne de 1 500 mg de sulfate de glucosamine pendant 3 ans permet de bloquer la progression de la maladie. (8) (9)

 Aucun effet secondaire significatif n’a été rapporté. Il faut pour cela qu’il reste dans l’articulation des cellules qui fabriquent le cartilage, c’est-à-dire que celui-ci n’ait pas été totalement détruit. D’où l’importance de se préoccuper de prévention très tôt, par exemple après un traumatisme du genou (accident de ski…) parce que ce type de traumatisme entraîne immédiatement un processus inflammatoire qui à terme détruit le cartilage.

 Et la chondroïtine ? Même si le dossier scientifique de la chondroïtine n’est pas aussi étoffé que celui de la glucosamine, les études cliniques dont on dispose laissent penser qu’elle peut soulager la douleur. Elle peut aussi contribuer à stopper ou ralentir la progression de la maladie.

 Dans une étude contrôlée en double aveugle, les chercheurs ont suivi 120 personnes souffrant d’arthrose du genou. Le traitement étudié par comparaison à un placebo consistait à prendre 800 mg de sulfate de chondroïtine par jour pendant 3 mois, traitement qui a été renouvelé une fois dans l’année. Au bout d’un an, les personnes effectivement souffraient moins et les radiographies montraient que les lésions du cartilage avaient peu évolué. Comme dans le cas de la glucosamine, l’effet positif de la chondroïtine se prolonge après l’arrêt du traitement. (10)

 Des scientifiques ont montré que glucosamine et chondroïtine pourraient agir en synergie pour une plus grande efficacité.

 A votre santé,

 Jean-Marc Dupuis